Pourquoi les avions volent-ils plus vite dans un sens que dans l’autre ?

Pourquoi les avions volent-ils plus vite dans un sens que dans l’autre ?

Vous avez peut-être déjà remarqué quelque chose d’étrange en comparant deux billets d’avion.

À l’aller, votre vol dure 8 h 30.

Au retour, à peine 7 h 20.

Même compagnie. Même type d’avion. Même distance entre les deux villes.

Et pourtant, plus d’une heure de différence.

La première explication qui vient souvent à l’esprit est assez intuitive : la Terre tourne, donc dans un sens elle viendrait en quelque sorte « à la rencontre » de l’avion, tandis que dans l’autre il faudrait la rattraper.

L’image est séduisante.

Mais ce n’est pas vraiment ce qui se passe.

La vraie raison se trouve quelques kilomètres au-dessus de nos têtes, dans des courants de vents extrêmement puissants capables de faire gagner — ou perdre — beaucoup de temps à un avion de ligne.

Le plus connu d’entre eux porte un nom que vous avez probablement déjà entendu : le jet stream.

Et pour comprendre pourquoi certains vols sont nettement plus rapides dans un sens que dans l’autre, il faut commencer par une idée essentielle : un avion peut voler à la même vitesse dans l’air tout en avançant à des vitesses très différentes au-dessus du sol.

Tout devient alors beaucoup plus logique.

Un avion vole-t-il vraiment plus vite dans un sens ?

Pas forcément.

C’est même là que se trouve toute la subtilité.

Lorsqu’un avion évolue en croisière, sa vitesse par rapport à l’air peut rester relativement similaire, qu’il vole vers l’est ou vers l’ouest.

Prenons un exemple très simple.

Imaginons un avion avançant à environ 900 km/h par rapport à la masse d’air qui l’entoure.

S’il n’y avait aucun vent, sa vitesse par rapport au sol serait elle aussi proche de 900 km/h.

Maintenant, ajoutons un vent arrière de 150 km/h.

L’avion continue de voler à environ 900 km/h dans l’air, mais toute la masse d’air se déplace elle-même dans la même direction.

Sa vitesse par rapport au sol peut alors approcher les 1 050 km/h.

Changeons maintenant le sens du vent.

Le même avion, toujours à 900 km/h dans l’air, rencontre cette fois un vent de face de 150 km/h.

Sa vitesse sol tombe autour de 750 km/h.

Dans les deux situations, l’avion lui-même vole pratiquement à la même vitesse.

Mais vu depuis le sol, la différence est énorme.

C’est un peu comme nager dans une rivière.

Vous pouvez nager exactement à la même vitesse par rapport à l’eau. Si le courant vous pousse dans votre direction, vous avancerez beaucoup plus vite par rapport à la rive. Si vous nagez à contre-courant, votre progression sera beaucoup plus lente.

Dans le ciel, le principe est le même.

L’atmosphère n’est pas immobile autour de la Terre

Lorsqu’on regarde le ciel depuis le sol, on peut avoir tendance à imaginer l’atmosphère comme une immense couche d’air relativement stable dans laquelle les avions se déplacent.

En réalité, elle est en mouvement permanent.

Les masses d’air se déplacent.

Les zones de haute et basse pression évoluent.

Des vents se forment à différentes altitudes.

Et plus on monte, plus ces vents peuvent parfois devenir puissants.

À 10 000 ou 12 000 mètres, altitude habituelle des avions de ligne, il n’est pas rare de rencontrer des vents de plusieurs dizaines, voire de plusieurs centaines de kilomètres par heure.

Pour un passager, rien ne permet forcément de s’en rendre compte.

L’avion semble avancer normalement.

Les nuages défilent tranquillement.

Le café reste posé sur la tablette.

Pourtant, toute la masse d’air autour de l’appareil peut se déplacer à 150 ou 200 km/h dans une direction donnée.

Et sur un vol de huit ou dix heures, cette différence finit par compter énormément.

Le jet stream : une autoroute invisible dans le ciel

Parmi tous ces vents, certains sont particulièrement puissants.

On les appelle les courants-jets, ou jet streams.

Imaginez une immense rivière de vent serpentant autour de la planète à haute altitude.

Elle ne possède évidemment ni berges ni surface visible.

Pourtant, elle peut mesurer plusieurs milliers de kilomètres de long et transporter de l’air à des vitesses impressionnantes.

Dans certaines situations, ces vents dépassent facilement 150 ou 200 km/h. Lors d’épisodes particulièrement intenses, ils peuvent aller bien au-delà.

Pour un avion, entrer dans ce courant dans le bon sens revient presque à monter sur un gigantesque tapis roulant.

L’appareil continue de voler normalement dans l’air.

Mais la masse d’air elle-même se déplace rapidement vers sa destination.

Résultat : la vitesse au sol augmente.

Dans le sens opposé, c’est évidemment l’inverse.

Le même courant devient un vent de face qu’il faut traverser.

Et sur une longue distance, cela peut rallonger sensiblement la durée du voyage.

Pourquoi le jet stream souffle-t-il principalement d’ouest en est ?

C’est là que l’atmosphère devient un peu plus complexe.

Les jet streams apparaissent notamment à proximité de zones où de grandes masses d’air présentent des températures très différentes.

Dans l’hémisphère Nord, l’air froid venant des régions polaires rencontre des masses d’air plus chaudes provenant de latitudes plus basses.

Ces contrastes participent à la formation de puissants vents en altitude.

La rotation de la Terre intervient également dans leur organisation via ce que l’on appelle l’effet de Coriolis.

Résultat : aux latitudes moyennes, les courants-jets dominants circulent généralement d’ouest en est.

Et cette orientation est particulièrement importante pour les vols traversant l’Atlantique Nord.

Un avion allant de l’Amérique du Nord vers l’Europe peut bénéficier de vents arrière très importants.

Le même trajet effectué dans l’autre sens doit souvent faire face à ces vents.

Voilà pourquoi un New York–Paris peut être sensiblement plus rapide qu’un Paris–New York.

Pourquoi New York–Paris est-il souvent plus court que Paris–New York ?

C’est probablement l’exemple le plus célèbre.

Prenez deux villes séparées par exactement la même distance.

Paris d’un côté de l’Atlantique.

New York de l’autre.

Mathématiquement, le trajet ne change évidemment pas selon le sens du voyage.

Et pourtant, les horaires prévus par les compagnies sont souvent différents.

Vers l’est, entre New York et Paris, l’avion peut bénéficier d’un puissant vent arrière.

Vers l’ouest, entre Paris et New York, ce même système de vents devient un vent de face.

Le résultat peut se traduire par plusieurs dizaines de minutes de différence, parfois davantage.

Mais cette différence n’est pas identique tous les jours.

Un vol peut être particulièrement rapide un soir et beaucoup plus classique le lendemain.

Pourquoi ?

Parce que le jet stream n’est pas une ligne droite fixe dessinée dans le ciel.

Il se déplace.

Il ondule.

Il accélère.

Il ralentit.

Sa position peut changer d’un jour à l’autre.

Les compagnies et les équipages adaptent donc régulièrement les routes en fonction des vents prévus.

Mais alors, la rotation de la Terre ne change rien ?

C’est probablement l’idée reçue la plus répandue sur le sujet.

On pourrait imaginer que si la Terre tourne vers l’est, un avion qui décolle vers l’ouest n’a qu’à monter puis attendre que sa destination arrive sous lui.

Malheureusement, cela ne fonctionne pas.

Et heureusement, sinon les voyages seraient assez étranges.

L’avion, l’aéroport, l’atmosphère et tout ce qui se trouve à la surface de la Terre possèdent déjà le mouvement lié à la rotation terrestre.

Lorsque l’appareil décolle, il ne perd pas soudainement cette vitesse.

Une comparaison simple consiste à imaginer que vous sautez dans un train en mouvement.

Si le train roule à 300 km/h et que vous sautez verticalement dans le couloir, vous ne partez pas brutalement vers l’arrière de la voiture.

Vous continuez à vous déplacer avec le train.

Vous possédiez déjà sa vitesse avant de sauter.

Pour un avion qui décolle, c’est le même principe.

La Terre ne tourne donc pas simplement sous lui pendant qu’il reste immobile dans l’espace.

En revanche, la rotation de la Terre joue bien un rôle indirect.

Elle influence la circulation de l’atmosphère, notamment à travers l’effet de Coriolis, et contribue ainsi à la forme des grands systèmes de vents.

La rotation terrestre participe donc à l’histoire.

Mais pas de la manière intuitive que l’on imagine souvent.

Vitesse air et vitesse sol : la différence qui explique tout

Pour bien comprendre le phénomène, il faut distinguer deux notions.

La première est la vitesse par rapport à l’air.

C’est la vitesse de l’avion dans la masse d’air qui l’entoure.

Pour l’aérodynamique, c’est une donnée essentielle.

Les ailes ne « savent » pas à quelle vitesse le sol défile sous l’avion. Elles réagissent à l’air qui circule autour d’elles.

La deuxième est la vitesse sol.

Cette fois, on mesure la vitesse à laquelle l’avion se déplace réellement au-dessus de la surface de la Terre.

C’est elle qui détermine directement combien de temps il faudra pour parcourir une distance donnée.

Reprenons notre avion à 900 km/h.

Avec 200 km/h de vent arrière :

900 + 200 = environ 1 100 km/h de vitesse sol.

Avec 200 km/h de vent de face :

900 – 200 = environ 700 km/h de vitesse sol.

Bien sûr, dans la réalité, les calculs de navigation sont plus complexes et les vents ne sont pas toujours parfaitement alignés avec la trajectoire.

Mais l’idée générale reste exactement celle-ci.

Deux avions peuvent afficher la même vitesse dans l’air tout en progressant au-dessus du sol avec plusieurs centaines de kilomètres par heure d’écart.

Un avion de ligne peut-il dépasser 1 000 km/h ?

Oui.

Et cela peut même arriver sans que l’avion soit supersonique.

Cela paraît contradictoire jusqu’à ce qu’on revienne à la différence entre vitesse air et vitesse sol.

Imaginons un avion de ligne évoluant autour de Mach 0,85, donc normalement bien en dessous de la vitesse du son dans la masse d’air qui l’entoure.

S’il bénéficie d’un très fort vent arrière, sa vitesse par rapport au sol peut dépasser 1 000 km/h.

Elle peut même, dans certaines situations exceptionnelles, monter encore davantage.

Cela ne signifie pas que l’avion a franchi le mur du son.

Pour cela, il faudrait que sa vitesse par rapport à l’air dépasse la vitesse locale du son.

Or il peut très bien rester tranquillement subsonique dans une masse d’air qui, elle, se déplace très rapidement par rapport au sol.

L’écran de suivi du vol peut donc parfois afficher une vitesse impressionnante sans qu’il se passe quoi que ce soit d’exceptionnel dans la cabine.

L’avion n’a pas activé un mode secret.

Il profite simplement du vent.

Les compagnies utilisent-elles volontairement le jet stream ?

Bien sûr.

Lorsqu’une compagnie prépare un vol long-courrier, elle ne se contente pas de tracer la ligne géographique la plus courte entre deux aéroports.

Elle prend en compte de très nombreux éléments :

la météo ;

les vents ;

les zones orageuses ;

le trafic aérien ;

les restrictions d’espace aérien ;

la consommation de carburant ;

les performances de l’appareil.

Sur un trajet vers l’est, il peut être très intéressant de rechercher une zone de vents arrière particulièrement favorables.

À l’inverse, sur un vol vers l’ouest, on peut parfois essayer d’éviter les zones où le vent de face est le plus puissant.

Résultat : deux vols reliant exactement les mêmes villes peuvent suivre des trajectoires différentes selon les jours.

Et parfois, une route légèrement plus longue en distance peut être plus rapide.

C’est contre-intuitif.

Mais si le détour permet de profiter d’un courant beaucoup plus favorable, il peut faire économiser du temps et du carburant.

Le chemin le plus court n’est donc pas toujours le plus rapide

Imaginez deux routes possibles.

La première mesure 5 500 kilomètres.

La seconde, 5 700 kilomètres.

Sur le papier, la première semble forcément meilleure.

Mais supposons que la route la plus courte soit exposée à un fort vent de face, tandis que la seconde permet de profiter d’un courant arrière.

L’avion peut parfaitement parcourir davantage de kilomètres tout en arrivant plus tôt.

C’est exactement le même principe que lorsqu’on choisit un itinéraire en voiture.

La route la plus courte sur la carte n’est pas toujours celle qui permet d’arriver le plus rapidement si elle est saturée.

Dans le ciel, le « trafic » principal peut parfois être le vent lui-même.

Les avions cherchent-ils toujours le jet stream ?

Non.

Tout dépend du sens du vol.

Si le jet stream vous pousse dans la bonne direction, il devient particulièrement intéressant.

Mais si vous devez voler face à lui, l’objectif peut au contraire être de trouver une zone où les vents sont moins défavorables.

Et même avec un vent arrière, il existe d’autres contraintes.

Un courant particulièrement rapide peut se trouver près de zones de turbulence.

Des orages peuvent imposer des déviations.

Le contrôle aérien peut limiter certaines routes.

Une partie de l’espace aérien peut être indisponible.

La stratégie consiste donc rarement à simplement « trouver le jet stream et le suivre ».

Les opérations cherchent plutôt le meilleur compromis entre temps de vol, consommation, météo et sécurité.

Le jet stream peut-il provoquer des turbulences ?

Oui.

Et c’est un détail important pour les passagers qui imaginent parfois que ciel bleu signifie forcément air parfaitement calme.

Près du jet stream, la vitesse du vent peut changer rapidement d’une zone à l’autre.

Ces différences peuvent provoquer ce que l’on appelle des turbulences en air clair.

Elles portent bien leur nom.

Pas besoin d’entrer dans un énorme nuage.

L’avion peut évoluer sous un magnifique ciel bleu et commencer soudainement à être secoué.

Les équipages utilisent les prévisions météorologiques, les informations transmises par les autres avions et différents outils de bord pour essayer d’anticiper ces zones.

Mais elles restent parfois difficiles à détecter visuellement.

Le même courant qui permet de gagner plusieurs dizaines de minutes peut donc aussi rendre le vol un peu moins confortable à certains endroits.

Pourquoi le vol retour est-il parfois beaucoup plus court ?

Lorsque vous voyez une grosse différence entre l’aller et le retour, vous savez maintenant où chercher.

Sur certaines liaisons, notamment celles qui traversent l’Atlantique Nord, les vents dominants créent naturellement un avantage dans une direction.

Europe vers Amérique du Nord ?

Souvent davantage de vent de face.

Amérique du Nord vers Europe ?

Souvent davantage de vent arrière.

Ce n’est pas une règle absolue pour chaque vol, chaque jour et chaque altitude.

Mais c’est suffisamment fréquent pour que les compagnies intègrent cette différence dans leurs horaires.

C’est pourquoi votre billet peut annoncer 8 h 30 dans un sens et 7 h 40 dans l’autre avant même que l’avion ait décollé.

Cette différence est connue et anticipée.

La saison joue-t-elle un rôle ?

Oui.

Le jet stream n’a pas toujours la même intensité.

Il peut notamment devenir particulièrement puissant en hiver, lorsque les contrastes de température entre les régions froides et les latitudes plus chaudes sont plus importants.

Cela peut renforcer les différences entre les vols vers l’est et ceux vers l’ouest.

Certains vols transatlantiques en direction de l’Europe bénéficient alors de vents arrière spectaculaires.

À l’inverse, les avions effectuant le trajet opposé doivent parfois suivre des routes bien plus au nord ou au sud afin d’éviter les vents de face les plus pénalisants.

La même liaison peut donc présenter des durées assez différentes entre l’été et l’hiver.

Quelques kilomètres par heure finissent par faire une grande différence

Sur un trajet de trente minutes, un vent modéré ne changera probablement pas votre journée.

Sur dix heures de vol, c’est une autre histoire.

Même une différence moyenne de 50 km/h pendant plusieurs heures finit par représenter plusieurs centaines de kilomètres.

Avec 100, 150 ou 200 km/h de vent, l’effet devient rapidement très important.

Prenons un exemple volontairement simplifié.

Deux avions doivent parcourir 7 000 kilomètres.

Le premier avance au-dessus du sol à 1 000 km/h.

Le second à 800 km/h.

Le premier mettrait environ sept heures.

Le second presque neuf.

Deux heures de différence alors que l’avion lui-même peut évoluer à une vitesse très similaire dans la masse d’air.

Voilà pourquoi les vents en altitude sont loin d’être un simple détail météorologique.

Sur un long-courrier, ils deviennent un élément central de la planification.

Pourquoi les billets indiquent-ils déjà des durées différentes ?

Parce que les compagnies connaissent parfaitement ces phénomènes.

Lorsqu’un programme de vols est créé, les horaires ne sont pas calculés comme si l’atmosphère était immobile.

Les compagnies disposent d’énormément de données sur les temps de vol habituels.

Elles savent qu’une liaison est généralement plus longue dans une direction.

Elles tiennent également compte du roulage au sol, du trafic, des procédures d’aéroport et d’une certaine marge opérationnelle.

C’est pourquoi la « durée du vol » affichée sur votre réservation ne correspond pas toujours au temps exact passé dans les airs.

Un billet peut annoncer huit heures entre le départ et l’arrivée alors que l’avion passe réellement sept heures et vingt minutes en vol.

Le reste peut inclure le roulage avant le décollage et après l’atterrissage.

Le vent reste néanmoins l’une des principales raisons expliquant les différences importantes entre deux directions sur les grandes liaisons.

Le phénomène existe-t-il uniquement sur l’Atlantique ?

Non.

L’Atlantique Nord constitue simplement l’exemple le plus connu, car énormément de vols commerciaux traversent quotidiennement cette région d’ouest en est ou d’est en ouest.

Mais les vents influencent les avions partout dans le monde.

Sur le Pacifique, ils jouent également un rôle majeur.

Même sur des vols continentaux ou régionaux, un fort vent de face peut rallonger le trajet de plusieurs minutes.

Lorsque vous voyagez régulièrement sur exactement la même liaison, vous pouvez parfois constater que certains vols sont systématiquement un peu plus rapides selon la direction.

La raison est souvent la même.

L’atmosphère se déplace.

Les pilotes peuvent-ils accélérer lorsqu’un vol est en retard ?

C’est une autre question intéressante.

Imaginez que votre avion parte avec trente minutes de retard.

Le commandant annonce ensuite qu’une partie de ce retard pourra peut-être être récupérée en vol.

Cela signifie-t-il qu’il va pousser les moteurs à fond pendant plusieurs heures ?

Pas vraiment.

Les avions de ligne disposent d’une certaine marge de vitesse.

Il est parfois possible d’adopter une vitesse de croisière légèrement différente afin de réduire un peu le temps de vol.

Mais accélérer coûte du carburant.

Et la consommation augmente fortement lorsque l’on cherche à voler plus vite.

Il n’est donc pas intéressant d’augmenter énormément la vitesse simplement pour gagner quelques minutes.

Souvent, une partie du retard peut plutôt être récupérée grâce à :

  • une route plus directe ;

  • moins d’attente au contrôle aérien ;

  • des vents plus favorables que prévu ;

  • un temps de roulage plus court à l’arrivée.

Encore une fois, le vent peut avoir davantage d’impact qu’une petite différence dans la vitesse choisie par les pilotes.

Ce que les pilotes voient dans le cockpit

Pour le passager, toutes ces informations sont souvent résumées à un petit écran montrant :

Altitude : 11 000 m

Vitesse : 1 050 km/h

Et parfois, on regarde cette vitesse en se disant :

« Tiens, l’avion va particulièrement vite aujourd’hui. »

Dans le cockpit, la situation est évidemment plus détaillée.

Les pilotes disposent notamment d’informations sur leur vitesse dans l’air, leur nombre de Mach, leur vitesse sol ainsi que la direction et la force du vent.

Il est donc parfaitement possible de voir une indication du type :

vent de 140 nœuds venant de l’ouest,

tout en constatant une vitesse sol nettement supérieure à la vitesse habituelle de l’appareil.

Pour les pilotes, il n’y a rien de mystérieux.

Ils savent simplement que la masse d’air qui les entoure est elle-même en mouvement.

Deux avions identiques, deux vitesses totalement différentes

Imaginons maintenant deux Boeing ou deux Airbus identiques.

Ils volent tous les deux à la même altitude.

Même masse.

Même vitesse dans l’air : 900 km/h.

Le premier se dirige vers l’est avec 150 km/h de vent arrière.

Sa vitesse sol est d’environ :

1 050 km/h.

Le second se dirige vers l’ouest avec le même vent, mais désormais de face.

Sa vitesse sol tombe à environ :

750 km/h.

Différence entre les deux :

300 km/h.

Pourtant, aucun des deux pilotes n’a décidé d’aller plus vite ou plus lentement.

Les deux avions évoluent exactement à la même vitesse dans l’air.

C’est probablement la meilleure manière de comprendre tout le phénomène.

Un avion ne se déplace pas dans un décor fixe.

Il vole à l’intérieur d’une atmosphère qui bouge elle aussi.

5 choses à retenir sur la vitesse des avions

Si vous ne deviez retenir que quelques éléments, ce seraient ceux-ci :

  1. Un avion ne vole pas forcément plus vite dans l’air selon le sens du voyage.

  2. Le vent modifie surtout sa vitesse par rapport au sol.

  3. Le jet stream souffle souvent d’ouest en est dans les latitudes moyennes.

  4. Les vols vers l’est peuvent donc être sensiblement plus rapides.

  5. La rotation de la Terre agit indirectement sur les vents, mais la Terre ne tourne pas simplement sous l’avion.

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Ce n’est pas forcément l’avion qui va plus vite, c’est l’air qui voyage avec lui

Finalement, la réponse à cette question tient dans une idée assez simple.

Un avion ne vole jamais dans une atmosphère parfaitement immobile.

Il se déplace dans une immense masse d’air qui, elle aussi, voyage autour de la planète.

Lorsqu’un puissant courant souffle dans la même direction que lui, l’avion est emporté avec cette masse d’air et sa vitesse au-dessus du sol augmente.

Lorsqu’il voyage dans le sens opposé, ce même courant devient un obstacle invisible.

C’est pourquoi deux vols reliant exactement les mêmes villes peuvent afficher des durées très différentes.

Le moteur n’est pas plus puissant au retour.

Les pilotes n’appuient pas davantage sur l’accélérateur.

Et la Terre ne vient pas simplement se placer sous l’avion pendant le trajet.

Tout se joue essentiellement dans le vent.

Alors la prochaine fois que votre vol New York–Paris arrive presque une heure plus tôt que le trajet effectué dans l’autre sens, regardez la carte du vol et imaginez ce qu’il se passe réellement autour de vous.

À plus de 10 000 mètres d’altitude, votre avion est peut-être installé au cœur d’une gigantesque rivière invisible circulant à plusieurs centaines de kilomètres par heure.

Une autoroute aérienne que l’on ne voit jamais depuis le hublot, mais qui peut transformer complètement la durée d’un voyage.

🎬 Pourquoi voler vers l’ouest prend-il souvent plus de temps ?

Sur une carte, un Paris–New York et un New York–Paris représentent évidemment la même distance. Pourtant, une fois dans le ciel, les deux trajets peuvent afficher des durées très différentes.

Cette vidéo permet de comprendre visuellement pourquoi les vents puissants rencontrés à haute altitude peuvent accélérer ou ralentir considérablement un avion. Elle complète bien les explications sur le jet stream, la vitesse sol et cette fameuse différence que l’on remarque souvent entre l’aller et le retour.

FAQ : pourquoi les avions volent-ils plus vite dans un sens ?

Pourquoi New York–Paris est-il souvent plus rapide que Paris–New York ?

Les vents dominants en altitude, notamment le jet stream, soufflent fréquemment d’ouest en est. Les avions allant vers l’Europe peuvent donc bénéficier d’un vent arrière, alors que ceux allant vers l’Amérique du Nord rencontrent davantage de vent de face.

Est-ce la rotation de la Terre qui rend certains vols plus rapides ?

Pas directement. L’avion et l’atmosphère tournent déjà avec la Terre. En revanche, la rotation terrestre influence la circulation atmosphérique et contribue à la formation des grands courants de vents.

Qu’est-ce que le jet stream ?

Le jet stream est une zone de vents très puissants située à haute altitude. Il peut s’étendre sur plusieurs milliers de kilomètres et jouer un rôle important dans la durée des vols long-courriers.

À quelle vitesse peut souffler le jet stream ?

Sa vitesse varie énormément selon les conditions. Il peut facilement dépasser 150 ou 200 km/h et devenir encore plus puissant lors de certaines situations météorologiques.

Un avion peut-il dépasser 1 000 km/h ?

Oui, en vitesse sol. Un fort vent arrière peut pousser sa vitesse par rapport au sol au-delà de 1 000 km/h sans que l’appareil soit supersonique dans l’air.

Pourquoi un avion à 1 100 km/h ne franchit-il pas forcément le mur du son ?

Parce que le mur du son dépend de sa vitesse relative à l’air qui l’entoure, pas de sa vitesse par rapport au sol.

Les pilotes choisissent-ils leur route en fonction du vent ?

Oui, les vents font partie des nombreux paramètres pris en compte lors de la planification du vol. Une route légèrement plus longue peut parfois devenir plus rapide et plus économique grâce à des vents favorables.

Pourquoi la durée d’un même vol change-t-elle d’un jour à l’autre ?

Parce que les vents, la météo, le trafic et les trajectoires utilisées évoluent. Le jet stream peut notamment changer de position et d’intensité très rapidement.

Le jet stream provoque-t-il des turbulences ?

Il peut favoriser des turbulences en air clair, notamment dans les zones où la vitesse ou la direction du vent change fortement.

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